Un cadre, de l’inspiration, des rêves

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Journal d'atelier

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Chère lectrice,
 
La semaine dernière, je vous ai promis un siège près de moi dans mon petit atelier et vous vous êtes probablement figuré un moment suspendu au milieu des pinceaux et des tubes de couleur, autour d’un thé fumant, avec en fond sonore une étude de Bach. Je contemple mon bureau et j’esquisse un sourire mi-figue mi-raisin, car si vous aviez un siège près de moi dans mon atelier depuis quelques jours, vous seriez face à une montagne de post-it, une tasse de thé froid infusé depuis des heures (imbuvable, donc – mais que néanmoins je bois) et un écran d’ordinateur à la propreté douteuse sur lequel trône en pleine page l’application Notion, supposée “me faire gagner un temps fou”. À vrai dire, vous auriez sans doute envie de me dire “bon, tu veux pas aller marcher, là ? Ça fait une semaine que tu n’as pas levé le nez de ton écran”.
 
À quoi ai-je occupé ma semaine pour être ainsi rivée à mon écran ? À planifier mon année. Notamment planifier les cours et stages d’aquarelle sur Zoom en 2023.
 
C’est invraisemblable le temps que prennent ces choses.
 
J’ai passé toute ma vie d’adulte à refuser les contraintes d’un emploi du temps prédéterminé et à le revendiquer haut et fort. Mais l’année dernière – sans doute en raison d’un calendrier plus chargé que je ne voulais bien me l’avouer – je suis arrivée au bout de ce fonctionnement. Car l’inspiration est tout de même assez capricieuse et il lui arrive de ne pas se montrer pendant de longues périodes. Ainsi, devant la liste interminable des choses que j’avais à faire et qui attendaient que l’inspiration vienne les frapper de sa grâce, je me sentais si pressée par le temps que je commençais chaque peinture avec l’envie de l’avoir déjà terminée.
 
Or s’il y a une chose que permet l’art botanique, c’est de transformer son rapport au temps et d’apprendre, justement, à s’en affranchir. Dans la “vraie vie” mieux nous savons faire quelque chose, moins il nous faut de temps pour l’exécuter ; nous passons d’ailleurs de longues heures à évaluer notre capacité à faire le mieux possible en un minimum de temps, car c’est ce que la société, à tant de niveaux, attend de nous. Dans l’art botanique, il se produit souvent l’inverse : plus on est compétent, plus il nous faut du temps pour faire advenir notre petite magie, car nos sens et nos gestes, en s’affinant, nous permettent de saisir des nuances jusqu’alors inaccessibles. Ainsi nous faut-il alors apprendre à abandonner le temps “raisonnable” au profit du temps “nécessaire”, en dehors de toute contrainte de productivité. De ce point de vue, l’art botanique peut être une vraie thérapie. Ça l’est pour moi, en tout cas.
 
Et pour permettre à ce rythme en contretemps de s’épanouir en nous, je crois de moins en moins au pouvoir de l’inspiration et de plus en plus au pouvoir du cadre (un jour, je vous raconterai comment ce sont les désordres alimentaires de Billy Bones, mon chat, qui m’ont mise sur la voie). Un cadre, oui. Protecteur, mais aussi libérateur. C’est un peu ce que j’ai voulu mettre en place pour ceux et celles qui participeront à mes cours cette année : offrir à chacun la possibilité de réserver son temps pour l’apprentissage et le plaisir de peindre. Planifier, afin de ne pas laisser le temps nous filer entre les doigts, ni attendre que les conditions soient parfaites.
 
Pour le moment, j’ai programmé des cours thématiques sur Zoom, deux stages en ligne (un dédié à l’aquarelle et l’autre au dessin au crayon) ainsi que plusieurs ateliers à Paris. A ce sujet, il y a un code AQUA2023 qui permet d’économiser 20% sur tous les cours en ligne, Club d’aquarelle compris. Il est valable jusqu’au 20 janvier. D’autres ateliers en présence, comme ceux que je donne régulièrement chez Adeline Klam à Paris, ou Make à Vannes (et peut-être ailleurs, si on m’y invite) viendront certainement se greffer à ce programme déjà bien rempli.
 
Toujours dans l’idée d’établir un cadre, pour moi aussi bien que pour celles et ceux qui auraient envie de se lancer dans l’art botanique avec moi, j’aimerais aussi mettre en place un espace ouvert en ligne, une ou deux fois par mois, où chacun viendrait avec son projet et on avancerait ensemble dans une ambiance sympa et studieuse, où je pourrais ici et là donner quelques pistes à ceux et celles qui en ont besoin pour progresser et trouver leur chemin. Pas vraiment comme un cours, vous voyez ? Plutôt une ambiance d’atelier. Je rêve d’un espace comme ça pour moi-même, donc je me dis que je ne suis peut-être pas toute seule ?
 
Ah ! Je voulais vous parler de cadre et de rigidité et finalement, je vous confie mes rêves. On ne se refait pas, on dirait.
 
À la semaine prochaine,
Anne-Solange

2 réflexions sur “Un cadre, de l’inspiration, des rêves”

  1. Patricia Berthou

    Rêvez, imaginez et se perdre dans les couleurs, c’est le bonheur…. et tant pis pour les cadres, ça fait tellement de bien! Je trouve ton idée d’un espace ouvert où on partagerait tous ensemble nos projets du moment très intéressante. Merci pour ces jolis mots Anne-Solange.

  2. Trop de choses à dire, je vais prendre le temps de te relire avant de t’écrire ! J’étais très impatiente d’avoir les dates et le programme du Club, merci !!!
    Belle journée et à tout vite

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