Les trois techniques de l’aquarelle botanique

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On dit beaucoup que l’aquarelle botanique est un type d’art particulièrement technique. Cela signifie-t-il qu’il faut d’abord maîtriser un certain nombre de techniques pour commencer à peindre ? Non, bien sûr ! Vous n’avez pas besoin de maîtriser quoi que ce soit pour commencer.

Ce dont vous avez besoin, en revanche, c’est de comprendre les grands principes des techniques qui permettent de peindre un sujet de manière réaliste. Ensuite, c’est surtout la pratique qui vous permettra de comprendre et progresser.

Alors, ces grandes techniques, quelles sont elles ? Essentiellement, je dirais qu’elles sont au nombre de trois grandes familles.

1. la famille "humide sur humide" (wet on wet)

Les techniques dans l’humide sont peut être celles qu’on relie le plus facilement à l’aquarelle grâce aux effets de fusions de couleurs hypnotiques qu’elles permettent et qu’on pourrait regarder des heures. En aquarelle botanique ce n’est pas forcément ce que l’on recherche car aquarelle réaliste dit “contrôle”.  Ce qui nous intéresse ici, ce sont par exemple les grands aplats de couleur réguliers (sans marque de pinceau) que l’on va pouvoir faire, les dégradés parfaits ou encore toute sorte d’effets de reliefs, comme des retraits de peinture pour marquer les zones de lumière.

C’est une technique qui se pratique sur papier déjà mouillé, d’où son nom : on place un aplat d’eau claire sur la zone que l’on souhaite peindre, puis on ajoute la peinture. Tant que le papier est mouillé, il est possible de réaliser toute sorte d’effets : ajouter ou enlever de la couleur, mélanger entre elles plusieurs nuances, créer des effets de volume… le tout, ici, est de bien préparer la surface d’eau claire et de s’avoir s’arrêter à temps (la plupart des auréoles et des taches non désirées surviennent à ce moment-là : quand le papier est en train de sécher).

Si vous avez une première expérience, il est probable que ce soit à cette technique d’aquarelle vous ayez spécifiquement été initiée.

En aquarelle botanique, on commence souvent – mais pas obligatoirement – par une première étape d’humide sur humide qui permet de placer les bases.

2. La famille "humide sur sec" (wet on dry)

« Humide sur sec » synthétise l’idée que l’on pose un jus de peinture plus ou moins concentré (et donc humide par définition) sur le papier sec. Cette technique permet une infinité d’effets selon la concentration de peinture utilisée et le nombre de couches successives que l’on applique.

Elle permet notamment de faire des transitions très précises d’une couleur, ou d’une valeur vers une autre (la valeur désigne la quantité de lumière, schématiquement : le plus ou moins foncé).

Elle est essentielle aussi lorsqu’on veut ajouter des nuances de couleurs subtiles qu’on ne voyait peut être pas au début et qui apparaissent à notre vue à mesure qu’on observe le sujet. Dans ce cas, on utilisera un glacis (c’est-à-dire un jus très dilué) pour ajouter ces nuances.

Mais ce ne sont que deux exemples. Il s’agit d’une technique très polyvalente et pour beaucoup d’aquarellistes, c’est grâce à elle que se construit l’essentiel de la peinture.

C’est aussi une technique qui demande un peut d’entraînement, notamment pour réussir de belles transitions ce qui suppose de bien comprendre la relation entre l’eau qui se trouve sur le papier, et celle qui se trouve sur le pinceau : un pinceau sec va absorber l’eau qui se trouve sur le papier, et donc retirer ce que l’on vient de déposer, alors qu’un pinceau chargé d’eau va se répandre sur le papier, repoussant les pigments qui sont déjà présents, créant des auréoles et des motifs « en chou fleur ». Au début, cela est souvent source de confusion, mais avec un peu de pratique (nos erreurs, ici, nous enseignent beaucoup) tout s’éclaircit.

3. La famille "aquarelle sèche" (dry brushing)

Le nom de cette technique est un abus de langage : si l’aquarelle est vraiment sèche on ne peut l’utiliser. L’aquarelle dite “sèche” désigne en fait l’utilisation d’une aquarelle à peine humide, déposée sur le papier à l’aide d’un pinceau correctement « essoré ». C’est une technique que l’on utilisera souvent à la fin, pour ajouter les derniers détails qui exigent de la précision.

Mais sachez qu’on peut aussi l’utiliser pour construire l’essentiel de la peinture avec des résultats vraiment très personnels et variés d’un peintre à l’autre. Elle permet un degré de détail et de précision infini. Son revers, c’est peut être le temps qu’elle demande, ou plutôt, le temps que demandent les détails un fois que l’on commence à voir comment les retranscrire :)

Des trois c’est probablement la plus délicate à manier. Quand on commence on a tendance à travailler avec un pinceau trop mouillé. Puis avec un pinceau trop sec. Mais quand on parvient à sentir « la bonne quantité » qui permet de peindre comme si l’on dessinait au feutre ou à l’encre, alors on se sent pousser des ailes, car l’aquarelle sèche ouvre les portes d’un monde sans limites. 

Uniquement des repères

Gardez à l’esprit que ces techniques, le fait de les nommer et de les distinguer les unes des autres, ne sont que des repères : une technique peut tout à fait se mettre à ressembler de très près à une autre en fonction de la quantité d’humidité sur le papier ou le pinceau, de la concentration de peinture etc… au bout du compte l’objectif est de vous permettre de comprendre la relation entre ces éléments.

Voilà les trois grandes familles de techniques essentiellement utilisées en aquarelle botanique. J’espère que ces lignes vous auront donné des pistes. Dans le club d’aquarelle, un module entier leur est consacré ainsi qu’aux exercices qui permettent de s’entraîner à les maîtriser (le fait de peindre est en soi un exercice qui permet de progresser, mais les exercices ont le mérite de focaliser notre attention sur un point particulier et de nous permettre d’expérimenter sans risque de “rater”).

N’ayez aucune crainte à vous lancer et à essayer. La théorie, les explications sont importantes, la pratique est indispensable. Essayez, ratez, corrigez… c’est comme cela que vous bâtirez votre expérience, que vous apprendrez non seulement à comprendre avec votre tête ce qui se passe sur le papier, mais aussi à sentir. Sentir ce que ça fait sur la palette un pinceau presque sec, comment ça fait sur le papier. Les sensation que cela imprime dans la main, le poignet, le bras etc… Peindre est une expérience sensorielle, ne l’oublions pas :)

Je vous souhaite une bonne semaine et de belles expériences avec vos pinceaux et vos tubes de couleurs,

Anne-Solange

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