Ma dernière vie

des nouvelles ?

Journal d'atelier

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Chère lectrice,
 
À quand remonte la dernière fois où vous avez reçu des nouvelles de ma part ? Etiez-vous déjà abonnée à mon ancien blog Cachemire & Soie ? À la newsletter Pochette Surprise ou aux propositions créatives envoyées quotidiennement durant le confinement ? Peut-être avez-vous assisté à mes premiers pas timides d’artiste botanique ? Dans tous les cas, à moins que vous ne soyez inscrite au Club d’aquarelle, le plus probable est que vous n’ayez pas eu de mes nouvelles depuis un moment.
 
Tant de choses se sont passées en deux ans qu’il serait trop long de les raconter. Mais je me pose une question : avez-vous, vous aussi, le sentiment d’avoir vécu plusieurs existences ? Je compte pour ma part pas moins de six vies professionnelles très différentes les unes des autres depuis la fin de mes études au début des années 2000. Pendant longtemps, j’ai pensé que c’était même mon mode de fonctionnement, ce besoin perpétuel de sauter d’une vie à l’autre comme Lyra Belacqua, l’héroïne d’À la croisée des mondes (elle voyage d’un monde à l’autre en se faufilant dans les déchirures de l’univers à l’aide de son poignard magique). Mais ça, c’était avant. Jusqu’à ce qu’en juin 2018, l’art botanique fasse irruption dans ma vie, me laissant le sentiment foudroyant d’être arrivée à la maison. 
 
Je pense vraiment que devenir artiste botanique est ma dernière vie. Pourtant, quatre ans après, la manière dont cette forme d’art tout de même très confidentielle s’est si abruptement imposée à moi, me laisse encore un peu sonnée.
 
Si je m’étais appuyée sur mes goûts personnels en matière d’illustration, ce n’est certainement pas vers ce style que j’aurais imaginé me tourner. Je me serais imaginée peignant des choses imaginaires, sans doute un peu naïves, utilisant une palette de couleurs fantasque avec beaucoup de dorures si possible et certainement un bon paquet de paillettes ; j’aurais choisi d’illustrer des albums pour enfants, des contes merveilleux et toute sorte de mondes magiques exaltant l’imagination. L’art botanique – un art précis, technique, facilement désuet où l’on traque le réalisme, la justesse et la bonne mesure – est aux antipodes de tout cela. J’ai bien conscience d’ailleurs que cette description peut paraître un peu austère, ce qui n’est pas juste non plus, car comment pourrait-il alors m’apporter tant de joie ?
 
Mais il faut croire que l’art ne fonctionne pas exactement comme je l’imaginais : jusqu’à quel point choisit-on la forme artistique par laquelle on s’exprime ? Je l’ignore. Et s’il y a une chose que j’ai apprise au cours des deux années qui viennent de s’écouler, c’est à me défaire de tout ce que je pensais savoir en matière de pratique artistique. 
 
Quand j’ai commencé à peindre, j’avais toute sorte d’idées sur ce à quoi ça ressemblait, peindre, sur comment on se sentait quand on le faisait, sur pourquoi on le faisait, sur ce qu’on poursuivait en tant qu’artiste (artiste du dimanche ou artiste de tous les jours)… J’avais un petit tableau mental assez arrêté tout compte fait, mais la réalité, finalement, est à des lieues des images d’Épinal que j’avais en tête : sans doute pas aussi instagramable, mais infiniment plus remuante, infiniment plus vivante. 
 
Ainsi, après deux ans de silence à me plonger intégralement dans les multiples strates de ma nouvelles activité, je me suis aperçue que je brûlais à nouveau de l’envie d’écrire et échanger sur ce sujet qui me passionne – l’art botanique – mais aussi tous ceux qui, naturellement, en découlent quand quelque chose éclaire chaque centimètre cube de votre monde intérieur. 
 
Peut-être que ça vous donnera vous aussi envie de vous (re)mettre à peindre, peut-être que vous tomberez amoureuse vous aussi de l’art botanique (il y a des artistes merveilleux que j’ai envie de vous faire connaitre), peut-être que cela vous donnera envie de vous offrir une de mes peintures ? Ou peut-être que ces quelques mots seront simplement une pause agréable dans votre journée, qui vous apportera des fragments d’idées pour cheminer dans votre propre territoire. Et si ça se trouve, ça ne vous fera rien de tout ça et vous aurez toujours la possibilité de vous désabonner (le lien sera toujours au bas de la page).
 
En fait, j’ai simplement envie, à travers cet espace, de vous proposer un siège près de moi dans mon petit atelier, et parler avec vous de tout ce qui s’y passe, aussi simplement que cela. 
 
À très vite !
 
Anne-Solange

2 réflexions sur “Ma dernière vie”

  1. Simplement contente de m’assoir de temps en temps tout à fait virtuellement dans un petit coin de ton atelier…
    Et après tout, au fond, artiste un jour… artiste toujours, n’est-ce pas ?
    Belle journée chère Anne-Solange

  2. Benoist Cécile

    Bonjour Solange,
    Merci, merci beaucoup de m avoir offert un siège à côté de vous. Cette parenthèse à travers votre partage m a permise de me projeter ,d espèrer à nouveau..moi qui aime tant la botanique,le végétal,la peinture ,le dessin, l art. Sans aucune prétention de ma part . J ai une infinie admiration pour l artiste et la femme que vous êtes. Merci d avoir réanimé un de mes rêves.

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