Trois leçons sur la créativité

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Les lettres créatives

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Chère âme d'artiste,

En début de semaine, nous avons parlé du temps. Combien c’était nécessaire de donner du temps, du vrai temps, à sa créativité. L’expérience d’aujourd’hui s’est révélée particulièrement intéressante à ce sujet.

J’ai prétexté le thème de demain (grains de sable) pour fabriquer quelque chose qui m’obsède depuis un moment : un mini jardin zen. Voilà des mois que les vidéos hypnotiques de l’artiste Yuki Kawae, me donnent envie de dessiner des formes géométriques dans du sable fin et c’était une idée toute trouvée pour faire des photos. La séance, c’est le moins qu’on puisse dire, n’a pas donné les résultats escomptés. En revanche, elle m’a beaucoup enseigné et donné à réfléchir. 

Voici donc aujourd’hui quelques leçons tirées de cette expérience + des conseils pour faire et prendre en photo votre propre jardin zen, expérience que je vous conseille ardemment de tenter tant elle s’est révélée intéressante et amusante sur de nombreux plans.

1. On pense toujours que tout est plus facile que ça ne l’est réellement
Moi qui me voyais créer des motifs faits de lignes magnifiquement parallèles et de cercles parfaits… j’ai été servie. Ma main tremblait, mes doigts se crispaient, on est LOIN du bel effet reposant des compositions zen que j’avais en tête (voir les photos plus bas^^). Ce qui m’apparaissais comme des gestes innés et naturels s’avéraient plus difficiles à reproduire que je ne l’avais imaginé. Mais finalement, c’est vrai pour tout : il y a toujours ce petit moment de stupeur, lorsqu’on passe de l’idée à son exécution, ce petit moment d’inconfort à surmonter. Ca fait partie du jeu, je crois. Surtout, ça m’aide beaucoup de le croire :)

2. Miser sur sa débrouillardise
On l’oublie presque toujours, c’est pourtant elle, la racine de l’esprit créatif : apprendre à faire avec ce qu’on a, avec ce qu’on sait, ou avec le temps dont on dispose est un allier précieux, mais surtout c’est follement amusant et cela nous entraîne toujours dans de grandes aventures créatives. Je fus particulièrement fière de moi lorsque, voyant que je ne parvenais pas à tracer des lignes droites avec mon râteau, j’ai eu l’idée d’employer… une règle ;-) Peut être pas tout à fait dans l’esprit du maître zen, mais complètement dans l’esprit d’une Anne-Solange qui ne dispose que d’une petite fenêtre exploratoire pour trouver sa photo du jour et en tirer une lettre. Être débrouillard, c’est TOUJOURS sortir du cadre et inventer sa propre voie.

3.On apprend vite. Très vite.
Bien sûr, il y a beaucoup de choses qui demandent des années de pratique. Mais de nombreux apprentissages se font sur un temps court. En particulier lorsqu’on débute dans une discipline : en seulement deux heures, j’avais compris comment dammer à peu près correctement le sable, inventé trois sortes d’outils différents à partir d’un morceau de balsa et commencé à comprendre la relation entre le geste et la vitesse à laquelle on l’exécute, réussissant ici ou là de jolis effets. Et, si j’ignore le temps qu’il faut pour être en mesure de ratisser au cordeau son jardin zen, je sais par contre qu’en photo quelques jours suffisent à acquérir les bases :)

Voici les images sorties de cette aventure. 

À votre tour, maintenant, d’improviser votre propre jardin zen. On parie que vous allez vous prendre au jeu ? C’est une activité parfaite pour un week-end pluvieux et vous avez certainement tout ce qu’il vous faut à la maison.

Improviser et photographier un jardin zen ?

Il vous faut simplement un plateau ou un grand plat, quelque chose qui s’apparente à du sable très fin (du sable évidemment, mais j’imagine que du talc, de l’argile, du sel fonctionneront parfaitement), quelques obstacles (cailloux, coquillages, feuilles…) et des outils détournés : fourchette, peigne, maryse, piques à brochette…

Il suffit de verser le sable dans le plateau et de le dammer à l’aide d’un outil plat comme la tranche d’une règle graduée ou le dos d’un peigne. Ensuite, il n’y a qu’à s’amuser à tracer des motifs à l’aide des outils qui vous tombent sous la main ou en fabricant les vôtres (j’ai fait un râteau avec des cure-dents plantés dans un morceau de balsa). Pour finir, ajoutez ici et là des obstacles, afin de rendre le tableau plus vivant et complexe.

En photo, le jardin Zen est un super exercice de composition : trouver le bon cadre n’a rien de simple dans un environnement aussi minimal, mais justement c’est ce qui est intéressant. Je vous conseille vivement de tenter cet exercice, vous en apprendrez beaucoup.

Dernier conseil photo : choisissez un lieu ensoleillé qui permettra d’intensifier les jeux d’ombres et de contrastes, sans quoi vos dessins dans le sable paraîtront un peu plats, voire carrément invisibles.

3 juillet - Grains de sable

avant

Je ne suis pas plus émue que cela par le résultat, mais je me suis tellement amusée que le jeu en valait la chandelle.

après

Ici, je me suis contentée de forcer un peu sur les nuances roses, parce que, tout simplement, je trouvais ça joli.

Et vous, que vous inspireront les grains de sables du thème de demain ? Il me tarde de voir vos images et je vous rappelle le hashtag sous lequel publier vos photos sur Instagram : #365joursdinspiration.

La semaine prochaine je vous en dirai un peu plus sur le fonctionnement de votre lettre cet été et les détails à propos de la fermeture des inscriptions pour mon cours de photo en ligne. Pas de panique si vous êtes déjà inscrite : le cours sera toujours accessible. Si vous avez des questions il suffit de m’envoyer un mail et je vous répondrai personnellement.

À demain dans une nouvelle lettre où l’on parlera d’un moyen tout simple de donner du caractère à une image :)

Anne-Solange

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