Apprenez à simplifier le message

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Chère âme d'artiste,

Une chose que je remarque souvent, que ce soit en photo ou dans d’autres disciplines artistiques c’est le désir de TOUT dire, de TOUT raconter d’une scène ou d’un moment qui nous touche. Et souvent, cette difficulté à choisir un angle et simplifier complique, voire met en péril le message et les sensations que l’on aimerait faire passer à travers sa photo ou son texte.

Dans Mémoires d’écriture, où l’auteur américain Stephen King dispense ses conseils d’écrivain aguerri avec un pragmatisme qui m’amuse et me ravit, tant il s’oppose au cliché de l’artiste, il raconte : “Au printemps de ma dernière année à Lisbon High soit en 1966, j’eus droit à un commentaire griffonné qui changea une fois pour toute ma manière d’aborder la deuxième mouture [ndlr : de ses livres]. Juste à côté de la signature reproduite à la machine du directeur littéraire, il y avait ce mot : “Pas mal, mais poussif. Relisez-vous pour resserrer. La formule : version 2 = version 1 – 10%.” Un peu plus tard dans le récit, il affirme : “avec l’application de la formule, tout changea.” L’auteur semble convaincu que ce travail de densification de ses textes a largement contribué à le faire sortir de l’ombre.

Elaguer son message. Raccourcir. Resserrer. Je suis moi aussi convaincue de la justesse de ce conseil. Ce qui s’applique au texte (j’essaie moi-même d’appliquer cette règle, y compris sur de petits mots comme ceux que je partage sur mon compte instagram), s’applique également à l’image. 

Souvent, on ne se rend pas compte à quel point nos photos sont chargées d’éléments qui diluent le message et font perdre le fil au lecteur. Quelquefois, conserver un seul élément du décors qui nous entoure peut suffire à raconter le moment, voire même lui ajouter du mystère. Parfois c’est aussi une façon de laisser de la place à l’imagination de celui qui verra l’image, comme une sorte de cadavre exquis : votre photo propose un morceau de l’histoire, au lecteur de la compléter et l’embellir de son propre imaginaire.

Ecrire, faire des photos, peindre… j’en suis convaincue, c’est une conversation. Et de tant de manières différentes. 

Simplifiez !

En photo, c’est plus simple qu’il n’y parait. Par exemple, vous pouvez simplifier votre image en :

– Vous rapprochant de ce que vous voulez photographier et en resserrant votre cadre autour de votre sujet. C’est encore plus vrai lorsqu’on prend des gens en photo : la plupart du temps, par timidité, on n’ose pas s’approcher assez.

– En faisant un peu de ménage :) Vous n’imaginez pas l’effet dévastateur d’un bout de bouteille en plastique dans un coin d’image, si cette bouteille n’a pas son rôle à jouer dans l’histoire que raconte la photo.

– En utilisant les capacité de son appareil photo (y compris quand il s’agit de son téléphone) à produire de beaux flous à l’arrière plan afin d’aider à centrer l’attention sur un élément de l’image en particulier.

Trop !

On peut reprocher plein de choses à cette photo (la luminosité mal maîtrisée, par exemple) mais son principal problème, même après que j’aie redressé, édité et amélioré la photo par tous les moyens à ma disposition, reste le même : il y a trop d’éléments sur cette photo. Et surtout trop d’éléments pas clairs : une étoile sur le meuble dont on ne sait pas trop ce que c’est, une masse orangée non identifiée juste au dessous, un bout de meuble noir à gauche… bref, les ballons de la fête ont beau trôner au beau milieu de tout ça, on est complètement perdu.

Plus clair

C’est presque la même image. Je me suis simplement un peu avancée (et l’heure était moins avancée ce qui explique une meilleure lumière). Certes, elle donne moins de détails, elle rentre moins dans l’intimité. Mais elle va à l’essentiel. Elle parle des préparatifs de la fête et, bien qu’elle donne peu d’information, elle en dit tout autant.

13 juin - Un air de fête

avant

Les ballons sont un symbole de fête, mais l’image est grise à cause du mauvais de temps : il pleuvait dehors à ce moment-là et ça n’aide pas à faire sentir l’ambiance qui, pourtant, était bien celle, joyeuse et gaie, qui préside en général aux préparatifs de la fête.

après

On croirait à présent que la photo a été prise un jour de beau temps (ce qui est tout de même plus associé à la fête d’un jour de pluie) et les couleurs sont plus douces et plus gaies. Plus proches du souvenir joyeux qui me vient en tête lorsque je pense à cette journée.

S’est-on éloigné de la réalité ? Eh bien, tout dépend de quelle réalité on parle. Certes, on on a gommé la pluie et le mauvais temps qui régnaient ce jour-là, mais donnaient une note un peu triste à l’image. En revanche, en donnant un petit coup de soleil à la scène, on lui a aussi permis de mieux restituer l’ambiance qui régnait ce jour-là… qui est donc une autre partie de la réalité :)

Et vous, que vous inspire le thème de demain du projet 365 jours d’inspiration :  “Un air de fête” ? L’une d’entre vous, hier, m’a demandé comment retrouver les participations du groupe. Elles se trouvent rassemblées sur Instagram sous les hashtags #365joursdinspiration et #atelierinstagratitude qui rassemble à eux deux près de 10 000 publications, déjà, c’est fou !!

C’est déjà vendredi. Je vous souhaite un week-end délicieux et vous retrouverai ici lundi, avec le même plaisir.

Anne-Solange

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