Le courage de la créativité

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C’est drôle comme une fois de plus, le thème de demain du projet 365 jours d’inspiration colle à mon actualité. C’est le cas pour vous aussi ? Le sujet de demain est un livre extraordinaire. Le mien, qui vous attend en librairie depuis mercredi dernier, l’est à plus d’un titre et si vous me suivez sur les réseaux sociaux, vous avez peut-être lu ce qui s’est passé : j’ai découvert jeudi en recevant ma copie que toutes les images du livre ou presque étaient sorties bleues.

Je ne vais pas vous mentir : c’est une pilule difficile à avaler. Plusieurs mois de travail pour aboutir à un produit qui ne correspond pas à ce qu’on avait imaginé, n’a rien d’une expérience agréable et pour le moment, je ne suis pas encore tout à fait réconciliée avec cette réalité. Mais, si je vous en parle, c’est parce que je suis convaincue que cela aussi, fait partie du jeu.

Je rencontre souvent des personnes qui aspirent à écrire des livres dans différents domaines (aspirants romanciers, aspirants essayistes, aspirants enseignants…). Il m’arrive même d’en accompagner certain tout au long de leur projet. Il y a cette question, qui revient presque toujours : mais comment savoir ? Comment savoir si mon idée est bonne ? Comment savoir si je vais y arriver ? Comment savoir s’il n’y aura pas un concurrent qui sortira un livre meilleur que le mien au même moment ?

C’est vrai ça, comment savoir ?

Et je lis toujours de la déception dans leurs yeux lorsque je réponds : on ne peut pas savoir, c’est un risque à courir. Eh non, aucune martingale dissimulée dans une manche.

Il y a une chose, qui va toujours de pair avec la créativité, c’est le risque.

Plus le projet est grand, plus le projet se propose de prendre des chemins de traverse, plus vous y mettez de vous-même, plus vous lui donnez de l’amour… plus le risque que vous encourez est important. Et c’est une des raisons pour laquelle la voie créative demande du courage : on ne peut jamais savoir ce que donneront les mois de travail laborieux. Tout, absolument tout peut capoter jusqu’à la dernière minute. Et je pense même que c’est inévitable : si vous embrassez cette voie, certains de vos projets capotent effectivement dans les grandes largeurs. Croyez-moi, j’ai connu bien pire que des photos toutes bleues ;-)

Le courage de la créativité ?!

Heureusement, on n’est pas obligé de se lancer dans les grands travaux chaque fois que l’on désire nourrir son âme d’artiste. C’est même toute l’ambition d’un projet comme 365 jours d’inspiration : un petit pas créatif chaque jour, qui ne demande ni beaucoup de temps, ni beaucoup de matériel. Faire vite et avec ce qu’on a sous la main a pour but de réduire la pression que l’on se met si souvent dès qu’il est question de faire entendre sa voix. Ici, si on n’y arrive pas aujourd’hui, on fera mieux demain. C’est OK de ne pas toujours y arriver. C’est OK d’expérimenter des choses et que ça ne marche pas. 

Vous savez, je suis même convaincue que les fois où l’on n’y arrive pas sont de loin les plus formatrices et les plus importantes. Car chaque fois qu’on se remet en selle, chaque fois qu’on n’abandonne pas, on muscle l’organe psychique dont on a tant besoin dans une vie d’artiste : cette forme de courage dont je vous ai parlé plus haut.

Il y a quelques années, une telle méprise sur mon livre m’aurait anéantie. Il m’aurait sans doute fallu autant d’énergie pour m’en remettre qu’il en a été nécessaire pour l’écrire. Ce n’est plus le cas aujourd’hui, car même si le résultat n’est pas ce que j’en attendais, Coquillages EST un beau livre. Et plus important encore, il a fait de moi une meilleure autrice, une meilleure photographe et je crois aussi, une meilleure personne.

24 juin - Un livre extraordinaire

Pour le thème de demain, j’ai choisi cette photo, prise pour illustrer le texte dans lequel j’explique ce qui s’est passé avec le livre. C’est le genre d’image difficile à faire car l’expression du visage, ici, dit beaucoup de chose. Je voulais une photo qui ne tombe pas dans la caricature et exprime une émotion authentique par rapport à ce que je ressens en ce moment.

Et, aussi étrange que cela paraisse : c’est un vrai travail d’acteur d’afficher de l’authenticité. Sur les premières photos, soit je souriais trop ce qui ne collait pas avec le ton du texte, soit j’avais l’air si triste que le ton paraissait excessif. C’est finalement cette position de la main, qui cache l’expression de la bouche, tout en restant naturelle, qui m’a aidée à trouver le meilleur équilibre.

avant

Ici, le plus difficile a été de trouver la bonne position (il fallait qu’on voit le livre) et la bonne expression. Le reste n’était qu’une formalité :)

après

Je me suis contentée ici d’appliquer ma petite sauce personnelle faite d’un mélange de  : luminosité + couleurs douces + rouge qui claque.

Au départ, quand j’ai lu le thème de demain « un livre extraordinaire », j’ai pensé ohlala la bibliothèque de fou dans laquelle on va pouvoir piocher cet été si chacune d’entre nous publie une photo de son livre extraordinaire !! 

Le mien mis à part, je crois que je ne suis toujours pas remise de Terremer, la série de romans d’Ursula Le Guin (depuis le mois de janvier je n’ai lu que ses livres). En ce moment, c’est LA série de romans que j’ai envie de conseiller. Et à vous, quel serait le vôtre, de livre extraordinaire ? N’oubliez pas les hashtags #365joursdinspiration pour partager tout cela :)

À demain,

Anne-Solange

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